Du bonheur de l’entre-deux…

Vous est- il déjà arrivé de sentir au creux de vous un petit quelque chose qui indiquait une direction à prendre alors que vous vous trouviez dans le brouillard ? (Quand je parle de brouillard ici, c’est celui qui parfois s’abat sur nos vies…)

Tous, nous l’avons tous rencontré au moins une fois ce brouillard.

Avoir du mal à s’endormir puis du mal à se tirer du lit le matin, trouver que tout est fade et sans relief, promener un regard critique sur notre entourage et en plus avoir conscience de la mesquinerie de nos jugements de valeur, se sentir lourd et tiré vers nos grosses faiblesses : trop de cigarettes, trop de sucre, trop de valse de la carte bleue, trop de ‘’petits apéritifs’’, trop de travail…Trop quoi !

 

Et souvent, tout cela est le signe d’un PAS ASSEZ de quelque chose…d’un quelque chose que l’on a du mal à appréhender, d’un quelque chose qui nous échappe.

En fait vivre, cela signifie faire des choix et pendant tout un temps ces choix sont en harmonie avec nous-mêmes alors on se sent vivant, dynamique, en mouvement. Et puis, le temps passant, nous rencontrons des expériences et elles nous font évoluer et nous obligent à d’autres regards, d’autres questions, d’autres perspectives…à notre insu, quelque part dans une partie de nous à laquelle nous n’avons pas encore accès.

 

Mais ce processus est lent, tout aussi lent que ces liserons que j’avais plantés dans mon jardin pour combler un trou dans ma haie : je les avais oubliés car il ne se passait rien à voir. Et de retour de voyage, ils étaient là, évidents avec ce bleu qui titillait ma pupille ; impossible de les rater, de les ignorer et là…

 

Là, le petit quelque chose s’est imposé à l’intérieur de moi, il me parlait de l’œuvre du temps de la nature qui n’est pas le temps des hommes et des femmes pressés… il me chuchotait combien ce temps-là est présent lors des intersaisons, lors des levers et couchers de soleil, lors des marées…c’est le temps de l’entre-deux : pas encore le printemps mais déjà des frémissements, pas encore la nuit mais encore un peu le soir, pas la plage totalement dégagée mais déjà les rochers qui affleurent…

 

Alors on sait qu’un « petit quelque chose » entre en dialogue avec nous, qu’il va falloir être attentif aux signes, astiquer ses canaux sensoriels pour les rendre plus pertinents, plus subtils. Tenir à distance le connu, rentrer dans l’entre-deux que la nature vient offrir en cadeau…et le chemin du visible, du palpable allait se faire jour pour une nouvelle étape de choix.

 

Et ce, jusqu’à la fois prochaine.